Deborah Furet - Fairy Godmother - Paris (75)

Chargée de mission Advancement à l’EHESS, j’oeuvre pour développer des liens entre la recherche SHS et la société

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Bonjour @dkfuret,

À l’occasion du séminaire IA, art et créativité , animé par @antoine , ce dernier m’a renvoyé vers toi pour m’éclairer sur ce qu’est un·e e·artiste? Tu pourrais, me (nous) éclairer?

Merci par avance.

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Coucou Stéphane,
Je n’ai pas la prétention de pouvoir vous donner LA définition : c’est une question à la fois très simple et très complexe avec une histoire très longue! Mais je peux vous proposer une conversation sur la position de l’artiste, ses pratiques, et ses productions, qui ne sont pas simplement des produits, en comparaison de l’exemple de l’art AI qu’on a vu l’autre jour. Le séminaire d’Antoine m’a donné beaucoup de matière à penser!
:slight_smile:

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Une discussion à laquelle pourrait participer à @filipevilasboas ?!

Filipe Vilas-Boas - Artiste et non-lieu éducatif (75/77/94)

Bien sur, ça me semblerait utile (en tous les cas pour moi :slight_smile:) Je ne sais pas la forme que cela pourrait prendre?

Tout pareil. En plus, je suis boulet car je n’avais pas fait le lien entre @dkfuret sur ce forum et deborah intervenant au cours du séminaire. :smiley:

@dkfuret avec plaisir !

Bonsoir Stéphane et Felipe et Antoine et Ben, etc.!
Allez, on se lance !

Voici, en vrac, quelques observations suscitées par l’intervention des « Obvious » au séminaire d’Antoine. (J’ai fait des petites traductions vite faites pour les citations en anglais, just in case :wink:
Je parle non seulement de mes lectures, mais de mon expérience pratique.

Artistes et AI artistes

Les productions AI se passent de la main, de l’implication du corps.
On travaille avec le cérébral et le visuel mais pas avec les autres sens, ni les sentiments spontanés.

L’art est l’expression individuelle et subjective,
" a unique gesture that assertively resists being read as generic."
« un geste unique qui résiste avec véhémence d’être lu comme générique. » Teresita Fernandez

L’art AI des Obvious est un ‹ outsourcing › de l’imagination et le processus imaginatif (ils utilisent que des images existantes) qui impose les même limites–l’effet « bulle »–des plateformes numériques.

Comme ça, vous avez accès à un nombre illimité d’images, mais elles ne sont pas de TOI.
Donc le champ des possibles est en fait limité. Où est la place pour l’imagination ? Pour le rêve qui n’est pas une idée, qui ne tient pas à la volonté, et qui est complètement originel ?

C’est peut-être les poètes qui l’expriment le mieux :

Marina Tsevtaeva :
“The condition of creation is a condition of dreaming, when suddenly, obeying an unknown necessity, you set fire to a house or push your friend off a mountain-top.
Is it your act? Clearly, it IS yours (after all, it is you who are sleeping, dreaming!) Yours—in complete freedom. An outcry of yourself without conscience, yourself as an artist.”

Trad. La condition de la création est une condition de rêver, quand soudainement, en obéissance à un nécessité inconnu, vous mettez le feu à une maison ou vous jeter votre ami du haut d’une montagne. C’est à vous, cette action ? Clairement, c’est À vous (puisque c’est vous qui dormez, qui rêvez !) C’est à vous, en liberté total. C’est un cri qui sort de vous sans conscience, le vous comme artiste.

L’art n’est pas imposé, mais révélateur. En transformant la matière, quelque chose se transforme en nous.

« What is certain: a work of art is a work of nature, just as much born and not made » (MT) Distinction entre émergence et imposition, un acte ‹ transcendental ›–artistique–et un acte volontaire.

L’aspect social mais libre de l’art:

Lawrence Ferlinghetti :
« poetry should still be an insurgent knock on the door of the unknown »
la poésie doit toujours être une frappe d’insurgé sur le porte de l’inconnu »

Et puis il y a la distinction entre un produit et une production…à (re)lire Walter Benjamin, Henri Focillon, etc.

Bonne soirée! ;D

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Merci de vous prêter à l’exercice!

Alors, je m’y colle également en essayant de formuler une critique de la critique.

Avec beaucoup d’opportunisme, ma réflexion part de la série documentaire consacrée à Delacroix, à l’orientalisme, à l’avènement d’une technologie «disruptive» cad la photographie au 19e. Je n’ai pas fait exprès : je me suis posé devant arte après être rentré de ce dernier we non confiné :confused:

Les trois compères nous ont bien expliqué qu’ils étaient effectivement inaptes à manier un pinceau. Mais ils ont fait référence à l’appareil photo, une techno qui a justement simplifié le rapport à l’art, qui l’aurait rendu populaire dans les pratiques amateurs. Aujourd’hui, par exemple. «Je suis un artiste grâce à mon iphone». En tous les cas, c’est comme cela que l’objet est vendu. Même si l’objet n’est pas populairement accessible.
Finalement, l’IA est elle une techno disruptive comparable à la photographie?

Finalement, l’effet bulle des plateformes n’est elle pas comparable à «l’orientalisme»? Une autre forme d’impérialisme qui se souhaite universelle en imposant une illusion du monde?

Je sais que c’est très tiré par les cheveux… Mais, peut-on trouver une forme de poésie dans le code, une programmation, un logiciel? Knock Knock backdoor :upside_down_face: :?

Enfin, au cours du webinaire, un échange a évoqué la controverse autour de l’originalité du code des trois intervenants. @dkfuret , tu peux nous de repréciser cette controverse?

Merci! :smiley:

Salut @stephane sur la controverse, c’est lié à leur usage du code de Robbie Barrat https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/obvious-buzz-frenchies-marques/ et https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/art-et-intelligence-artificielle-des-peintures-generees-par-ia/ et l’article de https://www.academia.edu/45043237/IA_la_créativité_va_t_elle_longtemps_résister_aux_robots_et_à_lintelligence_artificielle_Retours_sur_la_controverse_Belamy_et_le_GAN_Art_entre_ready_made_numérique_et_deepfake

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